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28/08 : Ervin travis and his band

On argue parfois que "l’imitation est la plus haute forme d’hommage", ce qui est probablement vrai, mais cette phrase ne sert trop souvent qu’à tenter de camoufler un manque de personnalité।Si Ervin Travis devait être abordé comme un imitateur, ce serait au sens noble, dans l’acception religieuse du terme, comme ceux qui ont voué leur vie à l’imitation du Christ। Le Dieu que sert Ervin, c’est Gene Vincent (1935-1971)। D’autres avaient, avant lui, cherché à retrouver les inflexions magiques qui font de Gene le rocker le plus intimement adulé par les grands initiés ; mais aucun n’avait encore réussi à se glisser à l’intérieur de la personnalité du modèle, pour que le chant devienne une conséquence du feeling, et non l’inverse। On songe ici à la méthode Stanislavski préconisant la prise de conscience intérieure, par l’acteur, de son personnage। Maniant la force et la douceur, Gene, le kid de Norfolk, grâce à sa voix d’or et à une âme d’écorché vif, a imposé l’image d’un musicien de rock parfait। La France lui a toujours réservé le meilleur accueil ; aussi n’est-il pas étonnant que ce soit de ce pays qu’émerge aujourd’hui un officiant digne de son héritage। Ervin Travis, est prêt, désireux et capable de faire vivre, de défendre, de faire reconnaître et aimer la finesse absolue du chanteur le plus sensible et le plus nuancé de toute l’histoire du rock.Toutes les intonations, les trémolos, sont reconstitués avec un souci du détail qui ôte toute vanité à l’exercice pour lui conférer une profondeur fascinante. La voix d’Ervin Travis parvient à se confondre avec celle de Gene. L’expérience est troublante. Ce travail, seuls pouvaient l’accomplir de véritables amoureux